Créé le 16 septembre 1932 aux Bouffes Parisiens.

Musique : Gaston Gabaroche et Pierre Chagnon, Fred Pearly.
Livret : Albert Willemetz et Max Eddy, Raoul Praxy.
Conception : Emmanuelle Goizé, Gilles Bugeaud et Pierre Méchanick 
Direction musicale et arrangements : Emmanuel Bex 
Mise en scène : Stéphan Druet
Chorégraphie : Alma De Villalobos
Lumières : Christelle Toussine

Son : Julien Bénézet
Costumes : Denis Evrard


Orgue Hammond et claviers : Emmanuel Bex
Guitare et jeu : Antonin Fresson
Percussions : Tristan Bex
Avec : Julien Alluguette, Gilles Bugeaud, Fanny Fourquez, Pauline Gardel, Quentin Gibelin, Emmanuelle Goizé, Estelle Kaique, Pierre Méchanick.

 

Contact diffusion : Catherine Lafont, tél : 06 67 33 26 59, diffusion.quantonest3@gmail.com

Directrice de production : Céline Ferré, contact : 06 15 92 78 43 celineferre@yahoo.com

Coproduction : Théâtre Montansier, Versailles et Scène Nationale d’Albi.

Avec le soutien du Carré Belle-Feuille à Boulogne-Billancourt et des Théâtres de Maisons-Alfort. 

    

Création le 9 novembre 2018 au Théâtre Montansier à Versailles, puis en tournée à Versailles, Blagnac, Albi, Boulogne-Billancourt et à Paris au Théâtre de l'Athénée. CALENDRIER

 

« Que faisiez-vous sur les pelouses, Etendues par dix et par douze ? »

 

. Résumé .
Azor est le nom d’un chien, mais c’est avant tout le surnom du commissaire de police du quartier d’Auteuil. C’est un brave garçon, ahuri au grand coeur, poète à ses heures.
Il a eu le coup de foudre pour une jeune fille qu’il a croisée par hasard dans la rue et qui se révélera être la fille du Ministre de la Justice. Séducteur malgré lui, il est également poursuivi par une femme mariée, qui menace de le tuer s’il la quitte, et par une voleuse à la tire, fascinée par sa verve poétique.
Pourquoi Azor se trouve-t-il obligé de s’enrôler dans la bande du redoutable Kiki-Le-Frisé ? Comment échappe-t-il à la colère d’un mari jaloux ? Réussira-t-il, à la faveur d’un bal costumé chez le Ministre, à ravir celle qu’il aime ?
Voilà ce que vous saurez lorsque vous aurez vu Azor.

 

« - J’ai tant d’émoi lorsque sur ma peau, ta peau se pose !

- Desserre tes doigts car je vais avoir des ecchymoses ! »

 

 

 . AZOR .
 Azor, est une comédie musicale française de l’entre-deux-guerres qui renoue avec l’opérette inventée par Offenbach et Hervé, ici pas de jeune première ingénue mais une femme moderne, pleine d’humour et d’autodérision. Pas de policier futé ou nigaud mais un petit fonctionnaire rêveur aux ailes trop grandes. Pas de prostituée au grand coeur mais une femme libre et pragmatique. Des caractères dont l’épaisseur nous touche et nous offre une palette d’interprétations contemporaines et composites.
De plus, et peut-être parce que le compositeur lui-même jouait le premier rôle, l’écriture musicale est intimement liée au texte, à la prosodie et à la personnalité des interprètes. Légère, spirituelle, dansante, pleine de bonne humeur, souvent syncopée, à deux ou à trois, très 1932, elle conjugue avec efficacité l'élégance et la virtuosité.

 

 

Dans la continuité de notre travail initié avec OH-LA-LA OUI OUI, l'adaptation musicale d'Emmanuel Bex revigore la partition. Elle s’impose ainsi comme la clef de voûte de notre opérette, débarrassée du colifichet de la nostalgie qui lui octroierait une forme de sympathie ou d’antipathie immédiate.          
1932, l’année de création d’AZOR, et plus largement l’entre-deux-guerres, est un moment d’ébullition artistique fécond et exceptionnel. L’arrivée en Europe du jazz, autant décrié et incompris qu’adulé, est une révolution et un scandale tout à la fois. En 1932 les musiciens sont séduits par ces rythmes nouveaux. Il n’est pas rare qu’un clarinettiste joue en première partie de soirée dans la fosse de la Gaité lyrique « Le Pays du Sourire », puis troque son biniou contre un saxophone pour faire le boeuf dans les cabarets autour de la place Blanche ! Tous les compositeurs parisiens truffent leur partitions d’allusions au jazz : Moretti , Ravel, Honegger, Milhaud, Christiné, Beydts, Yvain... Et bien-sûr Gabaroche.
La filiation s’impose.
Emmanuel Bex, à la fois pianiste, compositeur et pédagogue, dont l’instrument fétiche est l’orgue Hammond, est à la croisée de plusieurs influences : swing, musique classique, jazz fusion, théâtre musical, hip-hop, soul..... Capable de recréer et perpétuer l’audace et l’irrévérence des années folles, il imprime de sa personnalité la partition d’AZOR, tout en cultivant un échange constant avec chaque interprète, afin de façonner une oeuvre originale et unique.

 

« Tu ne t’imagines pas que nous allons rester toute la nuit en nous regardant tous les trois dans le blanc des yeux ?... »

 

 

. AZOR par Emmanuel Bex .
« Après avoir créé « La Chose Commune », un spectacle sur la Commune de Paris, en compagnie de David Lescot, mêlant intimement la musique au récit, j’aborde avec enthousiasme la nouvelle aventure d'Azor. Azor est une opérette. La qualification des genres n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est l’adresse aux spectateurs. Est-ce que le projet bouge les lignes ? Est-ce qu’une oeuvre du passé résonne et fait sens aujourd’hui ? Alors, la légèreté de l’opérette est comme un fil qu’on tire pour découvrir ce qui la relie à
toutes les autres formes musicales , plus graves, ou plus aventureuses. Garder, bien sûr, la trame de la musique et de la narration, mais aussi les transposer dans d’autres langages musicaux. Je suis un musicien, formé à la vieille et noble école des conservatoires, et j’ai choisi d’être un musicien de jazz, parce que le monde est présent, réel, actuel, et qu’il faut dialoguer avec lui à toutes les places : metteur en scène, chanteurs, directeur musical, instrumentistes. L’aventure doit être totale et partagée.
« Azor » est une partition écrite en 1932 par Gaston Gabaroche. Comme dans de nombreux ouvrages de ce genre, l’instrumentation est variable et adaptable. Dans cet esprit, j’imagine de transposer le type d’or- chestre habituel de l’opérette par un dispositif instrumental restreint et modernisé. L’orchestre sera compo- sé d’un orgue , d’une batterie et d’un guitariste. L’opérette est un genre musical qui est essentiellement basé sur le rythme de la musique, sur le rythme de la narration. L’axe de mon travail sera de le mettre en évidence.
La présence du piano sera le lien avec les représentations du passé. Le choix d’y adjoindre, en particulier, un orgue Hammond et une batterie, répond à notre envie commune de transposer une partie du récit dans un monde plus contemporain.
«Azor » ... la sonorité même du mot est splendide, étrange, une invitation impérieuse à en dénouer son mystère.... »
Emmanuel Bex

 

« Un n’hasard, Azor... Un n’heureux z’hasard ! »

 

. AZOR post 68 .
Après la décennie des années folles ( 1918-1929 ), les années 30 amorcent, tant sur le plan artistique que sociétal ou moral, une crispation. La libération des moeurs, la volonté de la jeunesse de changer les codes établis, l’émergence de nouveaux courants artistiques, ( dadaïsme, surréalisme, art déco ... ), la dynamique des années folles connait un essoufflement. Les enfants du siècle ne sont plus si jeunes. Quelques années plus tard, ce sont les élites intellectuelles, le modernisme culturel et le front populaire, qui seront accusés d’être responsables de la décadence des moeurs, et pour finir de la débâcle. Le lit de la Révolution Nationale du Maréchal Pétain est fait. Et fait au carré !
Aujourd’hui, à l’heure du retour des nationalismes, le parallèle avec l’évolution de la société dans l’après 68 nous a paru frappant.
En effet, il est surprenant de voir comment, 50 ans après les événements, une partie de la classe politique, médiatique ou intellectuelle, accuse mai 68 de tous les maux : Les moeurs déliquescentes ? Mai 68. L’échec de l’éducation ? Mai 68. La faillite des élites ? Mai 68 ! Comme si tout le malheur de la France venait de cette parenthèse utopiste et libertaire et d’une génération marquée par la pensée « soixante-huitarde ». Une classe d’âge qui s’est d’ailleurs étonnamment maintenue dans un quasi statu quo politique, passant du conservatisme chic et moderne de Pompidou et Giscard d’Estaing au cynisme mercantile des années 80.
Dans AZOR, écrit en 1932, la sensation de paradis perdu au profit d’un remugle réactionnaire et individualiste est saisissante.
Ainsi au premier acte, quand le policier chante : « constats d’adultères, attentats à la pudeur, exhibition- nisme, détournements de mineur, traite des blanches, quel milieu ! Quelle époque ! Quelle boue ! Je ne suis pas de mon temps, devant tant de fange, et de lubricité, je me sens révolté, écoeuré... y a trop de désaxés, j’en ai assez... », il se fait l’écho du « c’était mieux avant ».
Au deuxième acte, la joie de la découverte des corps, l’abandon des tabous, la liberté sexuelle est ramenée à un individualisme moisi. L’unique préoccupation de ces bourgeois de Neuilly est de jouir coûte que coûte, même au dépens d’un partenaire non consentant. L’idéal communautaire disparait au profit de l’individu, d’un hédonisme médiocre et le jugement moral n’est plus très loin.
Au troisième acte, ministres, préfets, écrivains, comtesses et directeurs de prison organisent un délicieux raout car « c’est piquant, c’est nouveau, et pas banal, pour un bal, de prendre un soir le genre de frappes de la Rue d’Lappe, en passant du milieu de femmes du monde aux femmes du milieu ». La situation est cocasse et riche en quiproquo mais un malaise nous saisit quand les modèles se mêlent aux copies et comprennent qu’ils n’y ont pas leur place. Trop réels, trop dangereux, ils ne sont pas copiés pour être célébrés, mais caricaturés pour être mieux méprisés et absorbés.
Nos personnages évoluent dans un monde qu’ils pensent poreux ; la jeune fille bourgeoise aspire à une vie d’aventurière, le policier désire une vie de poète, la jeune délinquante souhaite trouver le confort et la douceur, les voleurs se font passer pour des hommes du monde et les bourgeois s’excitent à l’idée de ressembler aux malfrats. Mais, en fin de compte, chacun reviendra, obligé ou penaud, à sa place. Le destin n’est pas bouleversé, il s’accomplit en bon ordre sous nos yeux. Nulle révolution. Les puissants se sont fait un peu peur et les marginaux restent à la marge. Dans le commissariat d’opérette de AZOR, là aussi, la justice est une affaire de classe. Cloclo la Panthère et Kiki le Frisé, les deux jeunes cambrioleurs, n’obtiendront que notre préférence.