TEXTE : Gilles Bugeaud
MUSIQUE : Nicolas Ducloux, Stéphane Leach, Christophe Manien
MISE EN SCÉNE : Pierre Mechanick
COLLABORATION CHORÉGRAPHIQUE : Laurence Fanon
COSTUMES : Elisabeth de Sauverzac


CHANT : Gilles Bugeaud
PIANO :  Christophe Manien
DANSE : Vaia Venetis

 

Longtemps, je suis rentré de bonne humeur. 
Il faut dire que, durant quelques années, j’ai dû prendre les transports en commun pour rentrer chez moi, le soir, en banlieue. Très vite, ce trajet, prosaïquement nécessaire, me devint poétiquement indispensable car cette parenthèse, si purement quotidienne, se remplit peu à peu d’une fonction dont j’allais devenir physiquement dépendant. La rêverie ferroviaire s’installa en moi, prenant insidieusement le pas sur toutes mes obligations d’homme responsable en tant que tel. Pour tout dire, plus rien d’autre que l’ivresse du train de banlieue ne compta désormais. Toute ma journée était tendue vers ce moment où j’allais partager, avec mes semblables, des bribes d’existence mobiles et lumineuses. Pour satisfaire ma dose quotidienne, je devins maître dans l’art  de rallonger ce trajet du retour. Chemins de traverses, correspondances, promenades ad hoc : tout était bon pour ne pas rentrer trop vite chez moi. Je développai ainsi un parfait usage du temps et de l’espace qui séparent notre lieu de travail de notre domicile. De cet usage j’ai fait une discipline. Je l’ai nommée :  rentrozologie. 

Gilles Bugeaud

 

 

Le Petit Traité de Rentrozologie Urbaine, c’est du texte pour acteur seul en scène, sauf qu’il n’est pas seul en scène. Gilles Bugeaud est accompagné au piano par Christophe Manien, accompagné au sens large ! Vêtus du même costume, comme deux chercheurs d’un laboratoire scientifique imaginaire, ce duo nous donne une conférence sur la rentrozologie. 

Qu’est ce que la rentrozologie ? C’est une discipline que l’on présente en général comme étant  « l’art de rentrer chez soi ». Etymologiquement « rentrozologie » vient de « rentrer au logis ». 

Dans nos grandes villes modernes, des millions de gens utilisent les transports en commun pour rentrer chez eux. Quais de gare, trains de banlieue, horaires fixes : entre le lieu de travail et le domicile, il existe donc un temps et un espace que chacun s’accorde à considérer comme immuable voire perdu. Le rentrozologue étudie le meilleur usage à faire de ce temps et de cet espace. 

Gilles Bugeaud, docteur en rentrozologie, s’adresse directement au public, assisté par son pianiste qui prépare les accessoires et veille au bon déroulement des expériences. Tout au long de l’exposé, la musique intervient sous différentes formes : piano seul, chant et piano ou bande son. La scénographie rappelle une salle de conférence : seuls quelques éléments légers et utiles à la démonstration sont utilisés.

A la fin du spectacle, les images s’accélèrent : le conférencier troque sa blouse grise contre un maillot de champion, un vélo apparaît sur scène et une jeune femme, les bras chargés de fleurs, vient danser le « happy end » d’un épisode si délicatement humain.

 

 

 

. MOT DU METTEUR EN SCENE . 

 

Cette pièce monologuée, chantée et chorégraphiée nous ouvre la porte de l’imaginaire de Gilles Bugeaud et de sa constante : quel est le rapport entre le fait de rentrer chez soi après le travail et celui d’admirer Luis Ocana, vainqueur du Tour de France 1973 ? 
Ce qui advient dans le train de banlieue de 17h53 semble y répondre. A force de transports en communs, la tentation est grande d’inventer de nouvelles correspondances. 
La foule des voyageurs fait tourner la fabrique à souvenirs : les visages dansent sur des musiques intérieures et le trajet du retour se poursuit, à vélo, sous les étoiles. 
A la fois conférence, journal d’empreintes et échappée cycliste, Gilles Bugeaud superpose les strates pour faire de la Rentrozologie une science humaine drolatique et merveilleuse. 

Pierre Mechanick (metteur en scène) :

 

 

. PROGRAMME . 

 

Chansons originales :  
Le brave brave automne   (Laforgue / Leach)
Tango post-traumatique   (Bugeaud/Méchanick/Ducloux)
Rentrozologue Blues   (Bugeaud/Méchanick/Manien)
Cha-Cha de la Gaillarderie   (Bugeaud/Méchanick/Ducloux)
Les escaliers de mon cœur   (Bugeaud/Mechanick/Leach)
Le petit cimetière   (Joannis/Lepointe/Canal)

Piano seul : 
Morceau de fantaisie Op3  Serge Rachmaninoff
Soirées de Nazelles, Variation VII  Francis Poulenc